L’ESSEC, pionnier des MOOCs, met son savoir-faire au service des entreprises

L’ESSEC est un pionnier des Massive Open Online Courses (MOOC) en France. Leur production est pilotée par le Knowledge-Lab (K-Lab), en charge de l’innovation scientifique et pédagogique. Nous avons interviewé Nicolas Glady (N.G) son Directeur et Anne Lemarchal (A.L), Responsable de la production de ces formats, pour avoir leur retour d’expérience.

 

Vous avez lancé votre premier Massive Open Online Course ( “L’avenir de la décision : connaître et agir en complexité”) en octobre 2014, quel bilan faites-vous des MOOCs  ?

A.L : avec 17 Massive Open Online Courses produits et en ligne sur les plateformes et 2 SPOCs en passe de devenir des MOOCs, nous sommes aujourd’hui la 1ère institution en France sur ce format. Cela représente  au total plus de 100 000 inscrits uniques. Nous avons compté plus de 25 000 inscriptions pour le MOOC “L’avenir de la décision” et celui de « Changer le monde : passons à l’action (créer son entreprise sociale) ».

Aujourd’hui sur la plateforme Coursera nous avons adopté la formule “MOOC on demand” qui permet d’avoir un  accès en continu aux cours.

Pour conserver une masse critique pour la correction par les pairs et avoir des forums dynamiques Coursera met en place un système de cohorte. Les gens s’inscrivent au fil de l’eau et le cours est débloqué une fois par mois.   

Les MOOCs déjà produits ont-ils été utilisés dans les cursus de l’école, et allez vous délivrer des ECTS ? 

N.G : beaucoup de professeurs commencent à utiliser les MOOCs, et pas uniquement  ceux de l’ESSEC, comme suppléments ou comme base pour une pédagogie en « Flipped Learning ». La délivrance d’ECTS pour le suivi de MOOCs est une option intéressante à laquelle nous réfléchissons en effet en ce moment. Mais avec des limites et des contrôles. Délivrer des ECTS est un processus légal et on doit garantir à l’Etat que l’étudiant a réalisé ce qui correspond aux critères définis.

L’année dernière, avec votre Pôle Egalité des chances de l’école, vous avez produit, à destination des élèves de terminale, 36 petits films pour se préparer aux études supérieures que vous avez décliné en un SPOC et un MOOC sur la plateforme FUN. Quelles étaient les différences entre les deux formats ?

A.L : en effet, il s’agissait de 2 Small Private Online Courses (SPOCs)  à destination des 16 Lycées qui sont partenaires du Pôle Egalité des Chances, soit  3 000 élèves. Un premier SPOC a été mis en place de novembre à mars, puis un deuxième de mars à mai. Ils ont été diffusés par les enseignants dans leur classe. L’ESSEC les a formés à l’utilisation de ces nouveaux média dans leur pratique pédagogique, et des étudiants de l’école ont accompagné en tutorat  les lycéens.

L’idée est de capitaliser et de faire passer ces SPOCs en MOOCs à horizon 2017 pour en faire bénéficier d’avantage de lycéens.

L’année dernière vous avez  lancé sur Coursera 2 spécialisations payantes (Gestion Hôtelière et Business Analytics Stratégique) composées chacune de 3 MOOCs  et d’un projet corrigé par les pairs, quel est leur bilan ?

N.G : le MOOC Business Analytics Stratégique est selon LinkedIn le  n° 1 en Europe et N° 5 au niveau mondial sur le critère des certifications les plus recherchées.

Les sessions de ces 2 MOOCs ont été lancées en septembre et sont accessibles on demand sur Coursera.

Ces spécialisations génèrent  des revenus, un peu de bénéfice, mais le principal intérêt concerne la visibilité qu’elles nous procurent au niveau mondial. Grâce à notre expertise sur ces sujets, la marque ESSEC est maintenant projetée au niveau mondial.

Cela nous permet aussi de tester de nouveaux modèles économiques.

Alors que L’ESSEC  est reconnu pour ses formation en marketing, pourquoi n’avez vous pas jusqu’ici  produit de MOOC sur cette thématique ?

N.G : on ne s’interdit pas de le faire dans un avenir proche, mais sur ce marché il y a déjà une offre conséquente avec des institutions comme Harvard, Stanford, MIT et Wharton. En France ESSEC Business School est déjà très bien placé, et nous n’avons pas de problème de notoriété alors qu’à l’international nous avons intérêt a rendre visible des thématiques sur lesquelles nous avons l’expertise, mais nous sommes pas nécessairement reconnus à notre juste valeur. C’est pourquoi nous nous sommes d’abord attaqué à des niches comme  Gestion Hôtelière ou Business Analytics Stratégique)

Dans les catalogues, nos MOOCs sont accessibles en français et en anglais, et nous sommes très attentifs à l’animation et aux relances. Nous identifions, au sein des communautés d’apprenants, des ambassadeurs et nous investissons sur l’animation et la relance des inscrits tout au long des parcours.

Accenture est partenaire de votre spécialisation Business Analytics Stratégique. Comment s’articule ce partenariat ?

N.G : Accenture est le partenaire de la chaire “Stratégic  Business Analytics ». Il est un peu le vaisseau amiral dans la flottille de nos partenaires sur le digital. Concrètement les experts de cette société sont intervenus sur ce MOOC avec des business cases.   

Pensez-vous que ces spécialisations représentent le modèle économique des MOOCs pour le futur ?

N.G : prédire l’avenir n’engage que ceux qui y croient. Quand on regarde les modèles  économiques utilisés par d’autres secteurs dans le digital  on voit que le freemium, qui donne un accès gratuit pour ensuite proposer un  contenu premium payant, se développe. Il en va de même avec le mix digital et expérientiel qui s’impose dans l’univers de la musique où le digital est une vitrine alors que l’essentiel des revenus est généré par les concerts.

Nous croyons beaucoup au Blended Learnin avec du digital, lorsque les contraintes sont fortes et que le présentiel n’offre pas de valeur ajoutée, et du présentiel quand il y a besoin d’interactions et d’échanges.

Sur la formation Business Analytics nous avons régulièrement des personnes qui nous contactent tant pour de la formation continue que pour de la formation initiale. Notre objectif avec les MOOCs est clairement d’amener les apprenants les plus motivés en salle de cours.

A.L : Coursera est soucieux de protéger ses utilisateurs, néanmoins, pour ceux qui ont obtenu le certificat, on peut insérer un lien vers la page de notre site qui propose des formations complémentaires dans le message de félicitation.

Mi-juin vous annonciez le lancement de votre activité de  production de MOOC et de SPOC pour les entreprises. Pouvez-vous nous en dire plus sur les prestations que vous allez commercialiser ? 

N.G  : les entreprises s’intéressent  à ce nouveau format qu’est le MOOC pour 2 raisons : d’une part pour se construire une image sur un sujet précis, et d’autre part pour former à distance leurs employés avec une formation en ligne plus innovante que les formats e-learning classiques.

Comme nous avions déjà été contactés de manière spontanée par de nombreuses entreprises, nous nous sommes dit qu’il fallait répondre à ce besoin et pouvoir proposer des MOOCs , des SPOCs ou encore des Corporate Open Online Courses ( COOC ) en fonction  de leurs objectifs.

Mais nous ne venons pas concurrencer les sociétés de production de MOOC. Notre cœur de métier est la transmission des savoirs, l’enseignement et la recherche. Notre valeur ajoutée est vraiment sur l’ingénierie pédagogique. Nous avons une expertise pédagogique qui est reconnu mondialement.

Dans le cadre de vos prestations, allez-vous aussi proposer l’accès à la plateforme Coursera ou à une plateforme LMS ?

N.G : nous sommes agnostique sur la plateforme, ce n’est pas notre cœur de métier. son choix doit dépendre de l’audience que l’on veut cibler et des fonctionnalités que souhaite le partenaire entreprise pour ses apprenants. Si l’objectif est de toucher une audience internationale et plus particulièrement anglo-saxonne, Coursera s’impose. A contrario France université Numérique est très bien positionnée sur le monde francophone. Mais en s’associant à l’ESSEC on n’achète pas un accès à ces plateformes. Nous jouons essentiellement un rôle de conseil et d’accompagnateur sur le contenu pédagogique. Nous avons une intégrité académique. Aussi  les contenus doivent-ils être approuvés pédagogiquement, et c’est dans l’intérêt de l’entreprise qui s’associe avec nous de la préserver.

En partenariat avec Crossknowledge vous proposez déjà une offre e-learning  avec des formations certifiées. Allez vous aussi développer une offre de SPOC ?
N.G : on travaille beaucoup avec Crossknowledge. On travaille à l’ESSEC sur  des offres de  SPOCs, mais je ne peux pas vraiment  vous en dire plus. On ne se ferme aucune porte…

3 réflexions sur “L’ESSEC, pionnier des MOOCs, met son savoir-faire au service des entreprises

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