Futur en Seine : Les MOOCs 2 ans après

Futur en Seine 2015

Futur en Seine au CNAM

Jeudi 12 juin,à l’occasion de Futur en Seine, le CNAM accueillait dans ses locaux une conférence bilan intitulée « Les MOOC 2 ans après ». Dans l’amphi Fourastié, devant un auditoire clairsemé, Philippe Dedieu, directeur national du numérique a donné la parole à plusieurs établissements ayant déjà mis en place des Massives Open Online Cours, ou en bon français Cours Libres Ouverts et Massifs (CLOM). L’occasion de faire le point sur l’état de l’art.

David Cassagne vice président délégué au numérique de la nouvelle Université de Montpellier (fusion de Montpellier 1 et Montpellier 2) était venu témoigner pour ses deux Massive Open Line Courses  produits jusqu’ici.

Le premier « Ville durable : être acteur du changement » réalisé par l’IUT de Béziers a rassemblé 6 500 inscrits sur 6 semaines de fin janvier à  mi avril 2014, avec 800 attestations de suivi délivrées.

Le deuxième « Management de la force de vente » est une production de l’IAE de Montpellier, toujours sur 6 semaines et qui se finira le 25 juin prochain avec à date déjà  8 900 inscrits.

Ces deux succès prouvent s’il en était besoin que les MOOC ne sont pas réservés aux chaires les plus  prestigieuse des universités.

Avec les statistiques recueillies lors des 10 MOOC déjà réalisés par  l’Institut Mines TelecomPierre Rolin  indiquait que 80 % des apprenants étaient des salariés, majoritairement de TPE / PME. Ils suivent les cours en ligne avec une forte attente d’évolution professionnelle.

Pour ce qui concerne la formation initiale,d’après lui, les MOOCS ne remplaceront pas le présentiel et il y a peu d’économie budgétaire à en attendre. Pour les années qui viennent,  il faudra trouver pour chaque établissement, la bonne articulation présentiel vs distanciel.

Le CNAM dont la vocation est la formation des adultes, est lui déjà  passé à une phase industrielle, au point qu Isabelle Gonon en charge des productions maison emploie le terme de Fabrique à MOOC. En effet, ce sont déjà 17 MOOC qui ont été « usinés » et 3 nouveaux qui devraient sortir d’ici la fin de l’année,  alors même que le planning de production de  2016 est déjà bouclé avec 10 nouveaux dans les tuyaux.

Cécile Dejoux MOOC du Manager au leader 2.0

Cécile Dejoux MOOC du Manager au leader 2.0

Au cumul ce sont plus de 151 000 apprenants qui se sont inscrits, le plus grand succès restant le MOOC du Manager au leader 2.0 animée par Cécile Dejoux qui atteignit 27 000 inscrits pour sa deuxième édition (vs 36 000 pour la première)  et eu les honneurs de la une du magazine économique Challenges en février  .

Pour Carole Laisné d’Agreenium leur premier MOOC « Analyse des données Multidimensionnelles » qui s’est terminé le 6 avril a surtout été l’occasion d’augmenter la notoriété de ce groupement de centres de recherche agronomique né en 2009,  et de motiver les enseignants à partager et gérer une projet commun.

Force est de constater que, si il y a encore quelques mois plusieurs pistes étaient évoquées comme modèle économiques, aujourd’hui tous ces établissements jugent que les MOOC trouveront leur modèle économique avec la formation continue et plus particulièrement sous forme de SPOC.

A la suite de ces établissements Christine Nirup de L’ ADEME ( l’Agence du Développement et la Maitrise de L’Energie) exposa la problématique de la formation dans les métiers du bâtiment, secteur majoritairement composé de PME et surtout de TPE (98 % des entreprises du secteur ont moins de 20 salariés) avec des contraintes métiers fortes.

Ainsi l’objectif du plan de rénovation énergétique est de rénover 270 000 logements en 2015 et 2016, puis 500 000 en 2017. Un défi qui ne peut être relevé que si  les hommes sont formés aux techniques, aux outils et et aux  matériaux.

C’est ce qui a décidé L’ADEME à s’ associer au MOOC « Eco-convevoir demain » d’ Arts et Métiers Paris Tech  en fournissant un documentation importante et des illustrations. D’après Christine Nirup, c’est ce type d’initiative qui crédibilisera les Massive Open Online Courses auprès des fédérations professionnelles avec des possibilités de financement par les fonds de formations.

Deux plateformes venaient clore cette conférence.

D’abord Catherine Montgenet qui présentait le bilan à date de France Université Numérique (FUN) avec en 18 mois une forte croissance de l’offre proposée sur la plateforme.

Si au premier trimestre 2014 FUN rassemblait 24 MOOC, au deuxième trimestre 2015 ce sont 140 MOOC qui ont été proposés dont 102 nouveaux, 34 pour lesquels c’était la deuxième édition et 4 la troisième.

Ces MOOC ont été produits par 50 institutions dont 2 universités tunisiennes, une belge et une suisse.

A date FUN compte plus de 368 880 comptes et totalise au cumul plus de 870 000 inscrits  à ses MOOC soit une moyenne de 2,35 MOOC suivi par apprenant et 7 535 inscrits par MOOC.

Sur la répartition par âge des apprenants, 28% auraient entre 25 et 35 ans, 36% entre 35 à 45 ans, et les 18 -25 ans ne représenteraient que 14% des apprenants .Quant à leur origine, 15,2% viendraient du continent africain, un chiffre en constante augmentation ces derniers mois.

La plateforme privée Neodemia est venu conclure avec un plaidoyer pour la gratuité des MOOC. Laurent Boinot son fondateur prend l’exemple de l’application gratuite d’apprentissage des langues Duolingo dont le modèle économique est de faire travailler les élèves sur des traductions qui sont en fait des commandes d’entreprises comme  Buzzfeed ou encore CNN. Un modèle cours gratuit contre des petits travaux à effectuer par les élèves.

Lors de la séance des questions, j’ai pu demander à Catherine Montgenet, comment allait évoluer France Université Numérique. Elle a confirmé devant la salle que la plateforme jusqu’ici « portée » par le ministère devrait très prochainement évoluer pour devenir un groupement d’intérêt public confié à un groupement d’écoles et d’universités. Même si à cette occasion elle a réaffirmé que les adresses mails des 368 000 comptes ne pouvaient être utilisées que dans le champs pédagogiques, elles constituent ce que dans le monde de l’entreprise on appelle un « fonds de commerce », dont la valeur est d’autant plus élevée que dans l’écosystème des MOOC académiques français FUN a réussi à se bâtir une place quasi monopolistique.

Pour tous ceux  qui s’intéressent aux MOOC, nul doute que ce dossier constituera le feuilleton de l’été ….

4 réflexions sur “Futur en Seine : Les MOOCs 2 ans après

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